Archive for the ‘Uncategorized’ Category

Ma collection de tableaux de maitres

Sunday, April 23rd, 2017

J’ai chez moi quelques superbes tableaux, et je voulais vous en faire part…

angelus1

..

asselineau

..

debat

Une fresque pour laquelle j’ai dû détruire un couvent.

..

sortie-de-debat

..

hamon3

..

hamon5

..

lennui-bouleverse

Celle-là non plus n’a pas été facile à transporter, puisque c’est aussi une fresque… Il a fallu casser toute un église d’Arezzo…

..

macron5

J’ai une sympathie particulière pour les primitifs flamandes, et alors?

..

le-pen

..

macron7

..

melenchon1

..

Et pour finir:
campagne

détail de

elections-de-bosch

Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer…

Tuesday, December 15th, 2015

Depuis longtemps, je songe à une idée, comme ça, en passant, du fait que je désire que mon corps ne soit ni enterré, ni incinéré. La première solution me rappelle trop les bondieuseries et la seconde me semble anti-écologique. Le coup de l’arbre sur le bide, c’est pas trop dans mes goûts non plus. Reste l’immersion.

Il paraît que c’est interdit en Belgique. J’avoue que je n’ai pas encore vérifié. Mais admettons. Il resterait alors une solution : si je meurs en mer, en dehors des eaux territoriales, ça ne pose plus de problème : j’échappe aux règles imbéciles qui disent notamment que l’on ne peut éparpiller les cendres d’un corps dans son jardin, par exemple (ce qu’aurait bien voulu mon père).

Le droit, c’est bien (hum), mais de temps en temps on a un peu trop l’impression que l’État se charge d’objets qui ne le concernent pas. Comme on dit en Poujadie : ferait mieux de s’occuper des chômeurs et des étrangers. Comme on dit dans ma famille de gauche : s’il voulait être crédible, il ferait mieux de s’occuper de la fraude et des taxes sur le grand capital.

Comme on n’en est pas là, une idée toute bête m’est venue, et en plus ça pourrait s’avérer à la fois ludique, intéressant pour la science et la médecine et, avec un peu de chance, profitable à plus d’un titre. Peut-être pas financièrement, mais c’est bien le dernier de mes soucis.

La mer est l’avenir de l’économie, a l’habitude de dire Jean-Luc Mélenchon. Envoyons donc nos mourants en croisière, sur des bateaux prévus pour, équipés de structures médicales susceptibles de récupérer les organes donnés et de procéder aux transplantations (ça va secouer, on retrouvera des foies à la place des reins, ça pourrait même être comique).

Ce type de croisière serait donc organisée pour offrir un dernier voyage à nos futurs chers disparus qui souhaiteraient faire don de leurs restes recyclables à la science et à la médecine et de ce qui ne l’est pas aux petits poissons. Après un ultime examen médical, on apprendrait que telle ou telle personne dispose encore de tel organe susceptible de satisfaire à la demande de telle personne demandeuse, et qui pourrait dès lors prendre un ticket, elle aussi, pour la croisière.

Coup double : si jamais la transplantation échoue, le trajet final est tout trouvé.

Bon, si cette dernière idée n’est pas faisable, elles attendront à quai le retour du bateau. Ou alors un service rapide accompagne le bateau. Bref, c’est un détail, on peut broder autour.

Mais donc, vous l’aurez compris, l’objectif final et principal est d’offrir une vraie sépulture de marin aux futurs chers disparus. Et je dois avouer que je m’espère bien ce destin. Je souhaite réellement être plongé dans les eaux de mer où nul fossoyeur ne pourra se jeter sur mon cadavre. J’ai une sainte horreur de cette idée : se retrouver manipulé par un professionnel de la chose, ça ne me dit rien. Aucun film ou feuilleton n’est parvenu à me rendre la chose sexy. Une petite cérémonie, et hop le grand saut dans les profondeurs, de préférence dans un sac de toile en lin ou en chanvre, histoire d’éviter l’accumulation des plastiques, c’est tout ce que je demande. On aura eu soin, éventuellement, de me retirer les matières trop flottantes du corps, ce qui en plus me donnera une dernière fois une allure un peu plus svelte.

Non, mais franchement, quel inconvénient peut-on voir dans cette idée ?

-Pour celles et ceux qui désireraient (on peut rêver) faire un pèlerinage sur ma tombe, il leur suffirait de se rendre au bord de la mer et de se souvenir de moi (j’aurai une espèce d’aura de marin disparu) ;
-Pour les poissons, c’est une opération win-win (miam) ;
-Pour les problèmes de place et de consommation de gaz, on ne peut rêver mieux (surtout si l’on trouve une utilité secondaire à la croisière) ;
-Pour les problèmes de dons d’organe, ça ne peut qu’être une bonne idée (ça pourrait être inclus dans un avantage financier au disparu, tiens, qui éviterait de devoir payer pour mourir, payer pour être enterré ou incinéré) ;

En plus, il suffirait d’établir comme règle que les corps soient jetés dans des eaux interdites à la pêche, avec suffisamment de lest pour qu’il bouge le moins possible (je suggère des déchets non polluants et biodégradables encombrants, genre briques, par exemple), et si jamais le corps revient dans les filets d’un chalutier, on aura la preuve qu’il enfreint les règles de pêche internationale !

Le justicier post-mortem ! C’est pas cool ? Je viens d’inventer l’acte ultime militant non-violent, anarchiste, écolo et altruiste…

Quand il est mort le *POUET*

Tuesday, August 21st, 2012

Guy Spitaels est mort…

Quelques réactions à chaud?

Elio Di Rupo: “J’espère qu’il sera incinéré avec ses dossiers.”

Didier Reynders: “Moi aussi.”

Paul Magnette: “Qui?”

Nietzsche: “Allons donc, ça fait longtemps que Dieu est mort.”

Staline: “Spitaels? Combien de divisions?”

Wall Street: “Spitaels? Combien de points au Bel20?”

Guy Coeme: “S’il n’en reste qu’un, je serai celui-là…”

Charles-Ferdinand Nothomb: “Ah non, c’est moi.”

Paul Magnette: “Qui?”

André Cools: “Le pauvre n’est même pas mort de mort naturelle, comme Michel ou moi…”

Wilfried Martens: “La Flandre a perdu… Pardon, la Belgique… Non, pardon, la Flandre a perdu un ami.”

Charles Picqué: “Bruxelles aussi.”

Rudy Demotte: “La Wallonie aussi… oui, oui… D’ailleurs on va sûrement faire un truc à Namur. Ou alors à Ath.”

Paul Magnette: “Où?”

Thierry Giet: “A Ath!”.

Dernière minute: Le PS de Charleoi et le PS de Liège ont tenu à marquer leur accord exceptionnel sur le sentiment qui les anime à l’occasion de la mort de Guy Spitaels.

Et vice versa…

Saturday, February 18th, 2012

Le Soir est-il politiquement engagé?

Certes, oui, mais dans quelle direction? Analysons un article mis en ligne ce samedi pour s’en faire une petite idée:

Des navires de guerre iraniens franchissent le canal de Suez

Rien que le titre devrait nous mettre la puce à l’oreille: serait-ce que lorsque ce même canal est traversé par un navire étatsunien, britannique, français, israélien ou issu d’un autre pays de l’axe du bien, même non démocratique (tout peut se discuter), le Soir écrit-il un article? Vous allez me dire: c’est le contexte… L’Iran, les avancées nucléaires, le Détroit d’Ormuz…

De fait, ce contexte devrait nous être rappelé, avec toutes les bases étatsuniennes et alliée qui encerclent l’Iran, les prétentions civiles du nucléaire iranien, les deux à trois cents têtes nucléaires avérées de la première puissance militaire de la région (Israël)1, et le fait que le Détroit dOrmuz se trouve dans les eaux territoriales de l’Iran bien plus que dans celles de n’importe quel Etat qui lui conteste le droit d’y envisager un blocus. Dont acte.

C’est la seconde mission en un an que les navires de guerre iraniens effectuent dans la Méditerranée.

Ciel! Et la première s’est bien passée? Que peut-on craindre de celle-ci?

Des navires de guerre iraniens sont entrés samedi en Méditerranée après avoir franchi le canal de Suez, a annoncé le commandant en chef de la marine l’amiral Habibollah Sayyari, cité par l’agence officielle Irna.

Il n’a pas donné de précisions sur la destination ou la mission de ces bâtiments, se bornant à indiquer qu’ils portaient « un message de paix et d’amitié » aux pays de la région mais « montrent également la puissance de la République islamique d’Iran ».

Jusqu’à preuve du contraire, ces navires iraniens (à moins qu’on nous ait menti depuis des décennies sur la puissance de feu de l’Otan) ne constituent en rien une menace pour aucune nation “libre” du monde. Le message de paix proclamé, il est vrai, serait sans doute plus crédible avec un navire de plaisance, un bateau-école ou un canot de Greenpeace, mais, bon, on a vu pire avec des messages similaires transportés par des porte-avions occidentaux2.

Les navires ayant traversé samedi le canal de Suez pourraient être le destroyer Shahid Qandi et le bâtiment de soutien et de ravitaillement Kharg.

C’est pas pour dire, mais question précision de l’information, on a fait mieux… Cela dit, si le plus gros machin que les Iraniens nous envoie est un destroyer, même nos dragueurs de mines nationaux pourraient leur contester la prééminence en Mare Nostrum -on peut rire un peu…

Lors de la première mission en Méditerranée de la marine iranienne, les deux navires s’étaient rendus en Syrie pour une escale au port de Lattaquié avant de regagner la mer Rouge et l’Iran.

Ah ben revoilà la mission de l’an dernier… On peut pas dire qu’elle ait brillé par ses exploits guerriers… Et pourtant:

Cette première mission avait suscité de vives réactions de la part d’Israël qui l’avait qualifiée de « provocation » et avait mis sa marine en état d’alerte, tandis que Washington avait lancé un avertissement aux navires iraniens en leur demandant de « se conformer aux lois internationales et n’entreprendre aucune action qui pourrait compromettre la sécurité ».

Les Zuessa mettent-ils aussi en garde dans les mêmes termes les navires de guerre canadiens quand ils quittent un port proche des côtes du Maine ou de Colombia? Renâclent-ils à l’idée d’un baleinier japonais proche des eaux territoriales de l’Alaska? Sûrement pas: les Iraniens, ce sont sans doute de grands enfants qui ne respectent les règles QUE si on les leur rappelle…

Quant à Israël, oui, certes, bon… Ben oui… Mais on ne peut rien dire sur Israël, sinon on est antisémite, alors, bon, rien…

La nouvelle mission iranienne en Méditerranée intervient alors que les tensions entre Israël et l’Iran sont au plus haut, alimentées par la crise autour du programme nucléaire iranien et les récents attentats anti-israéliens en Inde et en Thaïlande attribués par l’Etat hébreu à Téhéran.

Tiens, et ça n’a pas de lien avec les attentats attribués au Mossad et ayant touché des scientifiques iraniens sur le sol iranien? Ah ben non. Ou alors le Soir n’est pas au courant. Ni AFP, dont le journal reprend la dépêche.

Est-ce que le Soir, par ailleurs, ou AFP, font le décompte de l’ensemble des navires occidentaux qui manoeuvrent du côté d’Ormuz? des troupes qui patrouillent autour de la République, certes islamique, mais dotée d’un parlement élu, d’un président élu, qui ne nous réjouissent peut-être guère, mais bon, sommes-nous VRAIMENT une référence démocratique? Le Soir a-t-il véritablement produit un message intéressant, apaisant, propre à informer ses lecteurs autrement qu’en leur foutant la trouille-genre-attention-les-vilains-Perses-sont-à-deux-doigts-de-nous-envahir-avec-une-flotte-innombrable-d’au-moins-2-(deux!)-navires-de-GUERRE, oui, de guerre, de guerre, ça dit bien ce que ça veut dire, non?

Allez, ils nous ont déjà fait le coup avec Saddam, Mouamar et les autres… C’était sans doute des coups d’essai: si ça marche contre des dictateurs laïcs, ça marchera contre des présidents fondamentalistes: quelle différence après tout? Et puis, c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes…

  1. Jimmy Carter a récemment émis l’hypothèse que l’Iran puisse effectivement mentir et construire deux ou trois ogives nucléaires. Sa réaction était en réponse qu’il n’y voyait guère la moindre menace considérant la masse nucléaire que représente l’Etat d’Israël. Carter aurait pu aussi bien évoquer les milliers de têtes nucléaires étatsuniennes dont une grande quantité se trouvent stockées sur des navires dans la région dont question. []
  2. Vu qu’ils ne sont pas des gens comme nous, on les imagine mal utiliser une colombe, évidemment. []

Coluche n’est décidément pas près de mourir.

Wednesday, January 11th, 2012

Vous ne vous souvenez pas du sketch de Coluche sur les journalistes? Soit vous êtes trop jeunes et vous ne savez de lui que ce qu’on sort lors des mélancolieuses et pontifiantes rétrospectives post-mortem, soit vous n’avez pas eu de jeunesse.

Vous trouverez ici une version moyenne d’un de ses meilleurs: les Journalistes.

J’ai eu un éclair de revival coluchien, ce matin, en ouvrant l’article suivant, dans l’Echo en ligne. Pas de chance, c’est deux femmes qui vont morfler, mais cela prouve au moins que la phrase de Françoise Giroud qui disait que le féminisme aura abouti le jour où des femmes incompétentes occuperont les fonctions d’hommes incompétents est loin d’être vraie.

Rien n’a filtré sur la rencontre Lagarde-Merkel.

Le titre a le mérite d’être clair: on n’apprendra rien à la lecture de cet article. Et on verra que, non seulement ça se confirme, mais qu’en plus le peu que le journaliste AFP a écrit ne vaut même pas les pixels utilisés pour qu’on le lise.

Selon un porte-parole du FMI, Mme Lagarde avait un dîner prévu avec la chancelière et a rencontré d’autres personnalités politiques allemandes parmi lesquelles le ministre des Finances Wolfgang Schäuble ainsi que le ministre de l’Economie Philipp Rösler.

Comme disait l’autre, jusqu’ici on s’en tamponne, c’est avec notre pognon…

Aucune information n’a filtré sur le contenu de ces échanges,

Re-confirmation: le journaliste ne sait rien…

le porte-parole du FMI indiquant dans un communiqué que la série de rencontres effectuées par Mme Lagarde en Europe avait pour thème “les questions économiques actuelles”.

Ah ben oui, on suppose bien qu’elles vont pas causer tricot… Bien sûr, on est en période de soldes, mais quand même… Et comme on ne sait pas où a eu lieu cette rencontre, on peut même supposer que c’était aux Galeries Lafayette, mais alors on aurait peut-être des bribes de conversation.

La chancellerie avait annoncé la veille un “échange informel” sur “les sujets d’actualité de la finance mondiale”, s’efforçant d’inscrire cette rencontre dans le cadre d'”échanges réguliers” entre les deux femmes.

Donc, non seulement on n’apprend rien, mais en plus ça va se répéter.

Toutefois, les sujets sont trop nombreux et la situation trop délicate, particulièrement dans zone euro, pour que l’entretien constitue une simple visite de courtoisie, au lendemain de la visite à Berlin du président français Nicolas Sarkozy et à la veille de la venue du chef du gouvernement italien Mario Monti. Mme Lagarde se rendra, quant à elle, mercredi à Paris, pour s’entretenir avec M. Sarkozy.

Il y aurait pourtant beaucoup à dire sur le fait qu’une ex-ministre française des finances, devenue patronne de la plus grande institution internationale de grand bandit…, de… heu… de surveillance économique, on va dire, pour rester poli, et qui jusqu’il y a peu était surtout chargée de gouverner les pays du Tiers-Monde à la place des peuples, accumule les visites auprès des trois premières puissances économiques de la zone Euro. Mais on ne va certes pas chercher à savoir de quelle manière ces quatre pontes nous préparent la poursuite du démantèlement des acquis sociaux, ce serait faire preuve de journali…, de… heu… d’imagination galopante.

Mme Merkel et M. Sarkozy ont reconnu lundi que la situation était “très tendue”.

Finalement, on aurait préféré que Merkel, Lagarde et Sarkozy, ainsi que le journaliste, nous parlent de tricot…

Longue de comptoir

Monday, August 29th, 2011


Hello Hérisson,1
juste pour te dire comme j’ai eu du plaisir à me retrouver hier chez toi. D’abord le fait de me retrouver dans une assemblée d’où les beaufs et les bell’fs sont de fait exclus. Je ne me suis pas mêlés à ces gens parce que je ne les connais pas (et que je suis un ours), mais j’entendais leurs propos que je trouvais des plus rafraîchissants (si, si!).
[…]2 Décidément vous faites tous une chouette bande de zouaves.
Ceci dit j’aimerais bien me retrouver dans un bon bistrot anar -que je crois que ça n’existe plus- pour discuter un peu avec toi. J’aimerais notamment en savoir un peu plus sur ta position vis-à-vis des Ecolos. J’ai de gros problèmes avec eux. Dire que j’ai voté pour eux pendant des années et que je me retrouve couillonné par ces enfoirés. Nous avons déjà plus où moins effleuré le sujet à l’une où l’autre occasion, mais sans jamais rentrer dedans.
Ce qui m’emmerde avec eux, c’est que ce sont en général des bobos (genre profs d’athénée, architectes et autres) qui viennent me donner des leçons de savoir vivre pour riches et gens qui n’ont pas d’horaires à subir. Qu’est-ce que j’en ai à foutre de leurs baraques passives, d’aller bosser en vélo où en métro et de leur paniers bio à la mords-moi-le-noeud (bite my dick) quand en bossant tous les deux on a juste de quoi se payer un loyer, qu’il me faut deux fois plus de temps en transport en commun qu’en voiture où en moto pour aller bosser et que les paniers bio, ça ressemble plus à de la vente forcée de produits chers qu’à un souci de nourriture saine!
Ils foutent ma ville en l’air, avec leur gendarmes couchés sur des coussins berlinois, leurs zones 30 et leurs restrictions en tous genres.
La seule réalisation à leur actif que je trouve vraiment profitable, c’est la fermeture des centrales atomiques. Ils ont été trahis après, mais là ils avaient fait fort. Chapeau! Ceci dit, ne perdons pas de vue que c’est une réalisation qui reste dans leur mentalité “air pur, gnangnan maman la terre”.3
Je m’exprime pas ici de manière très “intellectuelle” comme tu le ferais mais je ressens çà très fort intérieurement comme une nouvelle tuile sur la tête des gens de mon espèce: ceux qui n’ont pas beaucoup d’autres possibilités que subir. Je ressens les écolos comme des nouveaux ennemis de classe, comme diraient les communistes, que comme des alliés. Si leurs réalisations semblent parfois atteindre certains de mes rêves de faire chier la droite, ça n’en fait pas pour autant des gens de “gauche”. Après tout Hitler a aussi fait chier une certaine droite.
Autre chose: leur connais-tu un programme social? Moi, je le cherche toujours.
Là dessus je te quitte et sois bien assuré de mon amitié pour toi et tous les tiens.

Et près d’un mois plus tard, je lui répondis:

Je me rends compte qu’après avoir réfléchi à ton mail, je n’y ai pas encore répondu… Je le retrouve sur mon “bureau” (virtuel).
Bon…
Personnellement j’ai bien d’autres griefs à l’égard du parti Ecolo: ils ne respectent pas leurs propres principes de fonctionnement originaires, notamment (j’ai eu l’occasion d’assister à une grand’messe écologiste où, sur l’autel de l’efficacité électorale, ils se sont permis de sacrifier le principe de la renouvelabilité des cadres, tout en crachant sur leur propre vote populaire -une horreur), mais aussi ils suivent bêtement (et bêlement) les traces de politique étrangère des autres partis traditionnels, ils se contentent de position qu’ils appellent “de combat”, mais on attend toujours la trace de ces batailles.

En ce qui concerne leurs positions écologistes, elles sont de manière générale incohérente puisque elles ne remettent pas en question le fonctionnement général du système. Il est vrai que te reprocher d’utiliser ta voiture et de chauffer ta maison sans te proposer les moyens de faire autrement, c’est absurde. Ils s’imaginent sans doute que nous sommes tous capables d’acheter une maison passive à proximité du boulot qu’on a péniblement trouvé.

Je serais bien en peine de transformer ma bicoque en maison passive. Je suppose qu’il faudrait que je la détruise, pour leur faire plaisir4… Mais d’ici à ce qu’ils se retrouvent en position d’assurer un logement à tous en compagnie des socialisss, des libéralisss et des humanisss…

Bon, j’ai eu en général plus de chances que toi point de vue transports et boulots: ça s’accordait pas mal. Mais il est vrai aussi que les fois où je me suis retrouvé à deux heures de train de mon boulot, que les heures de pointe faisaient de moi un pion râleur parmi d’autres dans les wagons bondés, je finissais par craquer et, lorsque j’avais une voiture, je l’utilisais parfois pour faire le trajet, ce qui était souvent aussi bête, car je mettais un temps fou pour trouver un parking, ce qui au total me mettait le trajet en voiture au même temps que celui en train, et bien plus cher évidemment. Et dans les deux cas, je n’étais pas reposé…
Ca, c’est pour mon cas personnel, qui rejoint quelque peu le tien.

Pour autant, nous faisons partie de la fraction du monde la plus privilégiée spatialement et historiquement, ou presque. Et nous sommes parmi les plus gros gaspilleurs de ressources historiquement et spatialement aussi. Alors, oui, il faut trouver des solutions, mais celles des Ecolos-bobos ne sont pas les bonnes parce qu’elles sont largement insuffisantes et que leurs sympathisants, membres et chefs5 se gargarisent de bonne conscience à peu de frais, endorment un grand nombre parmi nous qui se soucient vraiment du monde et croient qu’en suivant leurs traces les choses pourraient s’améliorer, énervent les autres qui savent pertinemment que ça ne mène à rien.

On pourrait en faire une chanson pour les René Binamé, tiens…

On ne peut pas toujours faire dans la dentelle… 😉

  1. Je cite ici un pote qui m’écrit début août et dont le message m’interpellait. Il fait référence à une réunion qui a eu lieu chez moi à l’occasion de l’annif’ de mon fils. []
  2. Quelques propos sur ma famille. []
  3. Et surtout, 1) qu’ils n’étaient pas seuls; et 2) que l’actuel parti organisé n’en était pas puisqu’il n’existait pas. []
  4. Je force le trait exprès ici. []
  5. Les exceptions en leur sein, souvent parmi les plus jeunes (les anciens, fondateurs d’origine libertaire, se sont barrés), n’y peuvent mie, et je me demande souvent ce qu’ils foutent encore là. Le parti est pourri de centre-droite de l’intérieur, ils n’y ont plus leur place. Pourquoi restent-ils? Espoir fou? Opportunisme? Confort? Manque d’alternative? Inconscience du blème? []

Onfray bien fuffé…

Saturday, August 6th, 2011

On constate souvent, dans le monde de la gauche1, que c’est avec les personnes avec lesquelles nous pourrions généralement nous retrouver d’accord que nous nous disputons le plus, laissant nos adversaires objectifs -les capitalistes de tous poils- à l’abri de nos ires légitimes.

J’essaie, dans ma modeste contribution à la gauche, de ne pas faire pareil. Lorsque je critique2 Stiglitz, c’est parce que je le distingue bien de la gauche, et il n’y a aucune ambiguïté, pour moi, à cet égard. Et, si je n’ai pas envie de dire du bien d’un allié historique, j’évite d’en dire du mal.

J’ai trop souvent vu des compagnons de lutte s’entredéchirer pour des questions de détails qui, certes, le jour de la sociale, nous amèneront peut-être à un bain de sang, mais qui en attendant ne méritent pas qu’on s’y attarde, car l’urgence, c’est bien la lutte contre le capitalisme, et non de savoir qui des commissaires du peuple ou des coopératives décideront du sort des mines d’argent. J’ai bien mon idée sur les principes léninistes de l’avant-garde, trotskystes de la révolution permanente et post-staliniens de la gestion de la politique étrangère, mais j’estime que cette opinion ne fait pas avancer notre cause. De la même manière qu’en tant qu’anarchiste, je regrette les phases passées qui virent certaines trahisons objectives ensanglanter nos relations, mais ces souffrances individuelles sont passées et celles d’aujourd’hui concernent les vivants, les travailleurs, les exploités, les esclaves de la vie de tous les jours. “Enterrer les morts, réparer les vivants”, disait, je crois, Tchékov, et c’est on ne peut plus juste: nous n’avons pas de pouvoir sur nos aînés, ni sur leurs crimes, ni sur leurs mérites. Inutile de nous déchirer à leur sujet.

Lorsque je faisais partie d’un groupe conséquent d’anarchistes, dont la plupart étaient déjà d’un certain âge, nous perdions beaucoup de temps sur des questions du genre “peut-on faire confiance à untel, qui défend les principes du XXe Congrès?” Certes, nous avons subi au moins une cuisante déception de la part de certains groupes communistes, mais nous ne pouvons que nous féliciter de notre association avec d’autres, et au moins un groupe anarchiste m’a profondément déçu par ses positions sectaires et même machistes.

Passons. Ce n’était que l’introduction à un commentaire que je désirais faire sur ma lecture récente du livre d’Onfray, “Manifeste hédoniste”. Beaucoup a été dit sur Michel Onfray, beaucoup de sucre a été cassé sur son dos, et par moments j’ai l’impression qu’on oublie de le considérer comme il est: un penseur et un militant anarchiste parmi d’autres, sachant que l’anarchie, par essence, ne pourra jamais être monolithique et aucun anarchiste faire l’unanimité. Ce qui serait même dommage.

  • Du bon, du très bon et du moins bon -peu à jeter

Par contre, ce qui me paraît clair, c’est que l’on peut distinguer des lignes claires de son travail, sur lesquelles il est possible de travailler et que nous pouvons avantageusement exploiter et développer. Son travail sur l’athéisme est très intéressant -quoique loin d’être original, il a l’avantage d’offrir des outils élégants au service de sa cause-; son action populaire à Caen3 est exemplaire et digne d’être reproduite; son caractère militant est au moins honnête, même si l’on peut discuter à la façon d’un Bourdieu, et légitimement, sur la pertinence de ses passages télévisés. Bref, il y a des choses à dire sur Onfray, et pour ma part, si j’y réfléchis, il y a au moins trois ou quatre fois plus de choses positives que de choses négatives dans son oeuvre.

A commencer par son approche critique, pour laquelle j’ai beaucoup de respect, et que j’aimerais avoir le temps d’appliquer pleinement, selon laquelle pour bien connaître un auteur, il faut en connaître le plus de détails possibles, à travers ses écrits privés, les témoignages de ses proches, des gens qui l’ont connu, etc., mais aussi son activité, car on ne saurait limiter quelqu’un à ce qu’il dit sans s’occuper de ce qu’il en fait. Au fond, très sartrienne, quelque part, son approche: la responsabilité des dits et des écrits doit être appuyées par les actions.

Ses visions matérialistes, hédonistes, sont autant de piliers concrets, honnêtes, palpables de sa philosophie, qui en font un anarchiste juste: il n’y a pas de bonne action éthérée, de hauts faits visant à l’au-delà et de mérites dans le martyr transcendantal: le seul sacrifice qui puisse se justifier est celui qui permette un plus grand confort, un meilleur être dans le présent vivant et une diminution générale des douleurs, des souffrances.

Difficile de lui reprocher sa vision artistique, esthétique, même si elle est discutable, amendable, et si de toute façon elle reste hautement subjective. J’ai personnellement une vision artistique que je ne crois pas très différente de la sienne, mais aussi plus de tolérance vis-à-vis des autres, notamment parce que je sais que je suis passé par d’autres stades que j’ai estimés légitimes au cours de ma vie, et que je ne renie pas ce que j’ai été; j’ai simplement dépassé ces stades auxquels je ne me retire pas le droit de revenir, par ailleurs, pour tester d’autres choses si besoin s’en faisait sentir.

Dans le Manifeste hédoniste, l’un des plus beaux chapitres est consacré à l’érotique; son érotique solaire est un concept qui ouvre bien des perspectives aux anarchistes qui ont parfois trop tendance à se réfugier dans des silences divers (honteux? ignorants? ascétiques?) sur la question. Onfray rejoint ici une vision très goldmanienne, en fait, pour autant que j’aie pu comprendre Emma Goldman aussi bien que lui.

  • A contrario moderato cantabile

Restent les deux derniers chapitres, largement plus discutables, celui sur la bioéthique et celui sur la politique. Sa critique du principe de précaution est sommaire, superficielle: un manifeste devrait se montrer, sinon exhaustif dans son argumentation, au moins plus étayé4, et Onfray tend à réduire les militants écologistes à des passéistes imbéciles, ce que, pour ceux que je connais, ils ne sont généralement pas. Je n’en connais que peu qui accepteraient de vivre avant l’époque des hygiénistes et guère plus qui vivent sans ordinateur ni télévision. Ce n’est pas parce que nous sommes favorables au principes de précaution que nous refusons la technologie. Au contraire: pour nous, en tout cas pour moi, la technologie est une excellente chose, si elle n’est pas aux mains des entreprises, mais conservée, développée, mise au service des populations sous la surveillance de ces dernières. Nous avons un droit de regard, tous, sur le monde que les scientifiques sont susceptibles de dessiner. Nous ne pouvons surtout laisser ces dessins -et ces desseins- aux mains de personnages guidés par l’intérêt particulier et pour qui les coûts se limitent à ce qu’ils doivent calculer dans leur prix de revient. Bref, la bioéthique d’Onfray, développée dans le “Manifeste”, n’est pas suffisante, mais certaines lignes sont intéressantes.

Sur la politique, nous nous retrouvons au moins sur un point: le désir de reconsidérer les utopistes du genre Fourier pour bien plus que ce que les marxistes ont voulu les dire. Etrangement, les lignes générales d’Onfray rejoignent assez bien les miennes en ce qu’il développe une vision politique horizontale, multiple, multiforme. Par contre, sa brosse historique a complètement percuté mes propres conceptions du développement du monde. A commencer par sa vision du capitalisme, le conduisant à dire une grosse absurdité: selon lui, parce que le capitalisme a toujours existé, que ce soit dans l’économie des coquillages ou celui des montages financiers, il est indépassable, il faut vivre avec et en faire un capitalisme libertaire.

Malheureusement pour son raisonnement, le capitalisme n’est pas indépassable, il n’a pas toujours existé, et je dirais même qu’il n’existe pas en majorité dans l’exercice économique planétaire. La plus grande partie des échanges, des productions et des consommations de la planète ne sont pas des échanges capitalistes. Or, l’économie se fonde sur ces trois actions. Le capitalisme, par contre, et là je le rejoins temporairement, existe depuis bien plus longtemps que la période industrielle, ou même que le XVIIe Siècle des enclosures. A preuve que son raisonnement ne tient d’ailleurs pas, c’est que le capitalisme foncier a commencé à exister sous la forme des enclosures en Grande-Bretagne dès le XIIe Siècle, et qu’a contrario il ne commença a faire son apparition dans certaines régions d’Italie qu’au XIXe Siècle. Par contre, il est exact que le capitalisme existe sous l’antiquité gréco-latine, et à l’état embryonnaire dans tous les régimes de cités qui ont vu apparaître l’écriture pour des raisons comptables. C’est précisément ces nécessités comptables qui donnent naissance au capitalisme. Un capitalisme certes encore réduit, mais réel: à partir du moment où l’on commence à pouvoir produire de l’argent avec du temps, mais sans travail, par la location d’un bien, que ce bien soit un terrain, un troupeau ou de l’argent, qu’un travailleur doive en gros payer pour travailler, apparaît le capitalisme. Mais dans la plupart des sociétés traditionnelles, celles qui ne connaissent pas, ou pas encore, la propriété, il n’y a pas de capitalisme, parce que le capitalisme n’est tout simplement pas possible sans propriété. L’écureuil, contrairement à l’imagerie populaire, n’est pas un capitaliste: à aucun moment il ne s’attend à ce qu’accumuler des réserves dans un arbre creux lui rende plus de noisettes qu’il n’en avait la veille. De même que le chef de village qui se retrouve à la tête de la plus grande réserve de pots et qui décide de faire don de la plus grande partie de celle-ci n’est pas du tout un Carnegie local, mais bien le membre d’une société qui ne connaît pas le capitalisme. Onfray se trompe lorsqu’il voit du capitalisme partout dans l’humanité.

Il n’y a pas de capitalisme sans principe de la propriété, et pas de propriété sans garantie de l’Etat ou d’une instance éventuellement privée reconnue par toutes les parties -ce qui, quand on y pense un peu, revient tout à fait au même, l’Etat étant le plus souvent, sinon toujours, aux mains de factions privées, plus ou moins petites.

Bref, c’est le libéralisme économique qui fait les frais de l’ire (légitime) d’Onfray, qui estime donc le capitalisme inamovible mais amendable. Il ne veut pas du marché libre -et qui connaît un peu ce blog sait que je suis pleinement d’accord-, mais il réclame en remplacement un capitalisme libertaire, pour lequel il s’appuie sur Proudhon5.

Mais en tout état de cause, Onfray retombe sur ses pattes en revendiquant une “révolution pratiquée”, mettant le convaincu en demeure de faire et d’être ce qu’il dit devoir faire et être. Très justement.

  • Pour terminer sur une note (de) comptable…

Au total, lorsque je pense encore à quelques dits et écrits d’Onfray, notamment sur l’éthique du Condottiere6, ou sur quelques positions politiques concrètes et actuelles, je me vois des distances avec lui, mais beaucoup plus d’affinités et bien du respect pour le travail populaire. Tout comme je me sais plus de rapprochements avec certains copains communistes ou écologistes, même quand j’estime qu’ils déconnent dans certains cas7. Pour autant, si je suis d’accord au trois quarts avec quelqu’un, je ne peux pas me permettre de vouloir le démolir.

De toute façon, je ne m’attends pas à ce qu’un jour (prochain, hehehe), 100% de mon idéal sociétal soit jamais appliqué. Si déjà 50% pouvait l’être, comme disait, paraît-il Ghandi (avec qui je ne dois pas être d’accord à plus de 20 ou 30%) à propos de la civilisation, ce serait une bonne chose…

  1. Et je suppose que ça ne doit pas être loin d’être vrai dans d’autres sphères politiques, comme le centre-gauche, le centre-droit ou la droite. []
  2. Ici. []
  3. Voir ici: http://www.michelonfray.fr/. []
  4. Si Onfray nous renvoyait à d’autres écrits, il ne serait pas inutile qu’il les mentionne. []
  5. Notons une petite contradiction chez Onfray, mais qui ne mérite pas qu’on s’y attarde: il estime qu’on ne peut s’appuyer sur les penseurs du XIXe Siècle, genre Bakhounine, pour résoudre les problèmes contemporains, mais dans les mêmes paragraphes du chapitre 7, il fait référence à Proudhon, Fourier et même La Boétie, tous auteurs desquels il m’apparaît légitime de se réclamer, quitte à les amender, alors pourquoi cette contradiction? []
  6. Voir ici: http://thitho.allmansland.net/?p=191, par exemple []
  7. Comme sur la guerre en Libye, par exemple. []

Laissez la police faire son travail, vous serez les derniers informés

Saturday, February 19th, 2011

La condamnation de Zemmour pour incitation à haine raciale ne me fait pas plaisir.

Qu’on ne se méprenne pas: je n’ai aucune sympathie pour le type. On peut même dire que je ne partage guère de choses avec lui, à part un usage facile de la langue, en plus de quelques caractéristiques communes à tous les êtres humains (pipi, caca, respirer, et peut-être même baiser, si ça se trouve et que ça ne choque pas trop sa fibre christique). Mais, à l’instar de Chomsky qui, avec raison, estime qu’on ne peut interdire à quelqu’un de s’exprimer, même, et surtout, si cette personne ne pense pas comme nous, je suis déterminé à dire que si nous ne devions autoriser que des opinions que nous approuvons, il n’y aurait aucune grâce à parler de liberté d’expression.

C’est donc sur le terrain de la discussion que doit être combattue la verve d’apparence innocente et pure à la sauce néo-conservatrice de Zemour, Eric, publiciste.

On ne saura sans doute jamais dans quelle mesure l’attitude de la police, et de l’accueil fait aux étrangers et aux personnes d’origine étrangère, ainsi que l’histoire des migrations en général, est responsable, en plus des disparités économiques qui les touchent, de la criminalité chez les personnes “moins caucasiennes” que les autres. Et ça, c’est certainement plus une réalité que des chiffres agités dans tous les sens comme un rubic-cube, jusqu’à ce qu’on en obtienne ce qu’on en attend (quitte à décoller les gomettes et les recoller où on veut).

A partir du moment où la police s’intéresse plus à la petite délinquance et aux comportements agressifs de jeunes dont les perspectives sont, globalement, plutôt moindres que celles de la moyenne des Européens, qu’aux fraudes fiscales, aux détournements de fonds et aux abus de biens sociaux, il est évident que les chiffres de la délinquance sont plus élevés du côté black-beur: ils ont moins accès aux charges et aux avoirs qui permettent ces derniers crimes…

Mais il faut reconnaître que si la drogue était libéralisée, on aurait sans doute des difficultés à stigmatiser autant les blacks et les beurs, et les flics n’auraient plus la moindre excuse pour harceler aussi régulièrement les enfants des cités. Si la discrimination à l’emploi n’existait pas, on n’en parlerait carrément pas… Mais bon, s’il n’y avait pas de discrimination à l’emploi, il n’y aurait pas de marché du travail…

D’un autre côté, les mafias de la prostitution, plus souvent asiatico-caucasiennes, sont moins menacées. Parce qu’elles sont plus respectables (après tout, elles ne font qu’exploiter des femmes, ce qui, dans la tête de certains flics, ne doit pas être tout à fait immérité, vu l’attitude de beaucoup à l’accueil des victimes de viols)? Ou parce qu’elles sont plus violentes? Ou plus en cheville avec certaines parties des pouvoirs publics?

À mouvement de pognon comparé, la société européenne y perd bien plus dans son attitude actuelle que si la police se concentrait sur la grande criminalité économico-fiscale, voire dans le trafic d’entrée de la drogue, là où les bénéfices sont bien plus importants qu’au niveau du commerce de détail.

Le même genre d’attitude réductrice existe d’ailleurs au Brésil: la presse mainstream et le gouvernement stigmatisent les petits trafiquants des favelas, surtout ceux de Rio, ainsi que les “mules” (petits passeurs, souvent passeuses et plus victimes que vraiment coupables), sans s’attaquer aux commanditaires, ni aux laboratoires, qui sont les seuls bénéficiaires réels… mais ceux là sont bien entourés et on les retrouve parfois dans les salons diplomatiques et autres cercles de pouvoir.

Ils ont bon dos, les petits trafiquants, qui vivent dans la merde des cités et des favelas! Ce n’est pas là que les milliers de milliards d’euros ou de dollars transitent vers les sphères financières, alimentant les caisses du capitalisme, évidemment!

Ou alors, ils sont vraiment idiots d’habiter dans les cités et les favelas…

Voilà ce qu’il aurait suffi de répondre à Zemmour. Malheureusement, je n’ai vu de son intervention médiatique que sa seule tirade, et rien des réponses éventuelles des présents. Mais cela aurait suffi ou aurait dû suffire…

La Galanterie n’a pas de limites…

Thursday, December 16th, 2010

Madame Galant, vous avez sorti au cours d’un interview la phrase “Nous sommes le pays où c’est le plus facile d’entrer, de s’installer et de devenir Belge (sic)”. Outre que votre phrase comporte une lapalissade sur laquelle je ne m’étendrai pas (où peut-on devenir belge, sinon en Belgique?), vous ne connaissez manifestement pas la condition des étrangers en Belgique, pour les mettre ainsi au pilori au profit de votre image politique. Ou si vous la connaissez, vous êtes d’une inhumanité crasse.

Par ailleurs, il serait intéressant de confronter votre point de vue à celui de M. Eric Besson, qui disait le 5 novembre 2009, sur france 3, dans l’émission “Ce soir ou jamais”, que la France était le pays qui accordait le plus de cartes d’identités; par ailleurs dans une émission de septembre 2010, il a évoqué le fait que la France est le pays qui accorde le plus la nationalité française((Les deux émissions se trouvent facilement sur Dailymotion, et je viens de retrouver la dernière citation dans le Canard Enchaîné.)).

Certes, en apparence, vous ne parlez pas de la même chose -devenir belge >< la nationalité française - facile de >< accorder le plus... il semble que l'on puisse jouer sur les mots: la Belgique n'est peut-être pas le pays où l'on accorde le plus de cartes d'identités, ni la France celui où il est le plus facile de devenir (allez, ne chipotons bas, même si j'aurais pu mettre "belge") français. Mais en tout état de cause vous utilisez le même argument, la même rhétorique -que j'ai entendue en Italie lorsque j'y vivais, d'ailleurs, dans la bouche d'autres conservateurs-, dans le même but: faire peur aux électeurs (la veille de Noël, c'est sympa), histoire de rappeler votre fonds de commerce, dans ce qu'il représente de plus bas: l'attaque contre ceux qui ont le moins de possibilité de se défendre, et qui pourtant accumulent toutes les conditions pour obtenir un minimum de clémence. Les émigrés qui, désespérés par les conditions économiques ou politiques de leur pays d'origine, qu'ils n'ont le plus souvent pas quitté de gaieté de coeur, se retrouvent dans la plupart des cas dans des pays limitrophes du leur1, avec l’espoir d’y revenir, car, pour beaucoup, quitter la terre de ses ancêtres, c’est infiniment plus difficile moralement, mentalement, que pour un Européen d’avoir la chance de devenir “Expat” et de faire fortune dans un pays “en développement”, avant de revenir profiter de nos systèmes sociaux, dont nous devrions être fiers, plutôt que de les détricoter lentement, mais c’est une autre histoire.

Quand ils arrivent “chez nous”, “dans notre maison”, pour utiliser la détestable nomenclature de Monsieur Pascal Smet à l’époque où il occupait le poste de directeur aux expulsions, c’est en dernier ressort, et en espérant que la région du monde (le “Premier Monde”) qui est fréquemment co-responsable de la ruine de leur pays ait un minimum de compassion pour eux.

Mais non: alors même qu’ils participent activement et positivement à notre économie, qu’en toute grande majorité ils aimeraient bien se voir régularisés pour pouvoir bénéficier d’une certaine tranquillité d’esprit, que, tout naturellement, ils préfèrent voir leur famille à leur côté plutôt que de la savoir encore dans les affres d’une guerre, d’une famine ou d’une misère endémique là où ils l’ont laissée2, la Belgique, comme bien d’autres pays privilégiés, les confine dans des situations en marge du droit, non parce qu’elle ne pourrait pas les intégrer dans ses frontières, mais parce que les gouvernants (qui alternent, et dont vous faites donc partie, à moins de vous désolidariser de la politique du MR et du PRL depuis plus de 30 ans, quand il est au pouvoir) bénéficient d’une telle situation qui leur permet de détourner les yeux des électeurs de leur incurie dans d’autres matières: regardez, ces étrangers profiteurs, ils ne font rien qu’à nous envahir.

En outre, cela fait des années maintenant que, histoire de tourner en rond, on parle d’immigration choisie, de sélection des immigrés, en fonction de nos intérêts, oubliant que ce faisant on réduit encore d’autant les forces vives des pays dont on fait venir les intellectuels, les spécialistes; d’un autre côté, le pillage des anciennes colonies continue, mais ça, je suppose que malgré la pseudo-repentance du gouvernement belge, ça ne mérite pas le moindre intérêt.

Votre argumentation qui se permet de mettre en concurrence la situation des Belges les plus démunis avec celle des étrangers en situation irrégulière est l’une des pires attitudes humaines qui soient: vous poursuivez la politique qui a été menée par les plus immondes gouvernants de la planète et de l’histoire qui, pour assurer leur trône, jetaient et jettent encore les plus malheureux de leur système les uns contre les autres. Pourquoi ne pas faire une politique anti-roux, anti-sorcière, anti-juive, tant que vous y êtes?

Mais c’est proprement inutile: vous savez parfaitement bien que les partis traditionnels se féliciteront toujours de conserver ce matelas de haine sociale pour les coups durs, pour justifier le fait qu’ils n’ont aucune imagination quand il s’agit de mener une contre-politique aux assauts des agresseurs financiers, quand on critique les avantages fiscaux des plus privilégiés ou de grandes entreprises pour qui la Belgique est un paradis fiscal (combien de milliardaires français en Belgique, déjà?), quand vous ne pouvez plus culpabiliser “l’Europe”, “la conjoncture”, “la crise”, “les Flamands”, ou que sais-je encore pour votre incapacité à assumer la défaite de votre système de pensée: le capitalisme.

  1. Le moindre scientifique sérieux sur la question vous montrerait que la plupart des déplacements de population se font à l’intérieur du pays, si pauvre soit-il, puis dans les pays limitrophes, puis dans des pays du même continent, avant d’envisager l’exil vers le Premier Monde, région la plus riche de la planète. []
  2. Et quel “Expat” de longue durée ne préfère pas emmener ses mômes et son conjoint avec lui, quand il en a? []

presse satyrique

Friday, July 23rd, 2010

Non, non, le titre est voulu…
Oui, je sais, on dit “satirique”. C’est juste un jeu de mots, comme sait si bien les faire mon hebdo favori, auto-qualifié d’ailleurs tel. C’est qu’on en parle beaucoup ces derniers temps, de la presse satirique, dans la presse normale et dans les couloirs du pouvoir. Pour avoir dénoncé plusieurs ministres du gouvernement et divers scandales à plusieurs échelons, le Canard enchaîné est l’objet des foudres des dirigeants français. Lui et Mediapart, un organe (prétendument) indépendant en ligne, commis par Plenel, de sinistre mémoire, puisqu’il s’agit du Monsieur-Téléachat du Monde, comme le dénonçaient en son temps à juste titre le Plan B et CQFD.

Si je sais pourquoi le Canard s’auto-intitule “journal satirique paraissant le mercredi”, consacrant ainsi le droit à la satire en France, peu limité, il faut le reconnaître, je regrette amèrement que, lorsqu’il est évoqué par des tiers, il ne soit pas plus souvent qualifié de “journal d’investigation”, ce qu’il est, même s’il l’est sous une forme particulière.

Il faut reconnaître et regretter que le journalisme d’investigation est devenu une denrée très rare en francophonie1. À dire vrai, à part ceux que j’ai nommés plus haut2, je serais curieux de savoir quels autres journaux peuvent revendiquer décemment ce qualificatif.

Certes, le Monde Diplomatique peut y prétendre par moments, mais c’est surtout ce que j’appellerais un “journal sérieux de gauche”. C’est-à-dire un mensuel qui fait état de constats clairs sur base de faits connus ou connaissables aisément. Il fait un travail extrêmement important et naturellement indispensable, nous proposant de réfléchir avec un oeil de gauche sur des phénomènes accessibles à nos yeux et nos oreilles. En outre, si on peut parfois trouver des infos intéressantes dans l’Express, le Nouvelobs ou d’autres revues du même tonneau, au moins dans le Monde Diplo est-on certain du sérieux et du point de vue de gauche qui parcourt tout le journal.

Je pensais à cela d’ailleurs en lisant le dernier livre de Joseph Stiglitz (Freefall), dans lequel l’auteur est en possession de toutes les informations suffisantes pour dénoncer le capitalisme dans son essence même et ne le fait pas, tentant de rattraper l’irrattrapable en le saupoudrant de keynésianisme. Mais bon, je laisserai ça pour une autre fois, c’est promis (comme mon traité d’économie depuis des années, je sais). Ce que je veux dire, c’est que le Monde Diplo, proposant par exemple à Frédéric Lordon une colonne régulière pour analyser l’économie avec les mêmes informations, parvient à te me descendre en beauté le capitalisme in se et à proposer des idées véritablement de gauche, que même Mélenchon il paraîtrait un dangereux défenseur des marchés à côté.

Non, des journaux d’investigation (en papier), il y en a peu. Je veux dire, des journaux qui proposent de véritables enquêtes sur le terrain, des révélations qui nous éclairent sur ce qui se trouve en dessous du tapis et qui en tirent des faits qui permettent de généraliser l’existence d’un système, c’est l’exception. Certes, sur internet, ils sont légion. Mais nous sommes encore rares à nous documenter véritablement en ligne. Alors, un journal d’investigation papier, évidemment, ça revient très cher. Le Canard a la chance (qu’il s’est construite) de reposer sur une réputation et un capital indépendant (pas de pub, pas de parti, pas de proprio) qui en fait l’astre le plus remarquable de la sphère médiatique (à ma connaissance) en matière d’investigation journalistique.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire sur wikipedia la liste des dossiers révélés par lui au cours de son histoire et de s’apercevoir que, dans ce monde de canards, ce vilain petit était en fait un grand beau cygne…

Quel dommage qu’il ne soit pas resté noir, comme à ses débuts…

  1. A part sur internet, comme par exemple dans lejim.info, tenu par mes potes. []
  2. Mais le plan B a disparu []