Archive for the ‘discussions piquantes’ Category

avec les tripes du dernier communicant

Samedi, mai 24th, 2008

Le Soir, journal indépendant, mais également fun, décalé et impertinent, comme le sous-entend l’article ci-lié, parvient à se faire une petite auto-promo tout en faisant de l’info, et ce sur un sujet, « ô combien d’actualité », comme on dit quand on est décalé, fun et surtout impertinent:

La pub.

Et ses awards…

Le Creative Club of Belgium, dont je découvre l’existence, a tenu sa remise des prix annuelle (d’après le site, c’est la 5e, cette année), récompensant le meilleur cru en matière de pub.

(Malheureusement, au moment où je tape ces lignes, le palmarès n’est pas encore affiché sur le site, ce qui montre que le webmaster ne connaissait pas les résultats au moment où le jury en délibérait. Mais ceci est pure supposition de ma part et je ne voudrais pas être attaqué pour diffammation: je ne sais pas si c’est de la distraction ou de l’ignorance de la part du webmaster).

Le Soir se réjouit -en passant, presque négligemment- d’un succès qu’il ne doit qu’à son choix de la bonne boîte de créatifs, ce qui lui permet d’espérer de rester indépendant, fun et toute cette sorte de chose pendant, oh, au moins un an encore.

Indépendant de la profondeur d’investigation, de l’esprit critique et de la bataille des idées, tout au moins. Mais c’était ça ou ne pas être fun. Et donc.

C’est à coups de « chapeaux », puisqu’il s’agit des prix remis par le « Cri-yé-tif cleub off Belgioum » à Knokke –A real short festival of creativity in Knokke-Heist, ´comme à Cannes´, je ne plaisante pas-, que l’on saluera notamment la campagne de pub d’Eurostar qui a -fort intelligemment- fait comprendre au chaland que « Londres est au coin de la rue ».

Quand on pense qu’il y a encore des cons qui prennent l’avion ou le bateau pour y aller, on se dit que la communication a encore des progrès à faire:

PUISQU’ON VOUS DIT QUE C’EST AU COIN DE LA RUE! ALLEZ-Y EN TRAIN!

-Ah ben justement, mon boulanger aussi, il est au coin de la rue, chérie, je prends vite le Thalys, je prends une demi-baguette et je reviens. Je te prends quelque chose?

Pleine d’humour, l’association des créatines a encore offert un award à la boîte de crayons qui a trouvé la géniale idée de la campagne Braille de cette année, encourageant les « Blind calls » (appels aveugles) sur les gsm pour qu’ils soient dirigés vers un appel payant en faveur de ladite association caritative. Je vous épargne les détails, ça n’a pas dû vous échapper.

À se demander si cette campagne n’a pas été aussi soutenue par l’un des trois opérateurs de téléphonie en sus -ou deux -ou les trois…

Je m’abstiendrai de divaguer sur le goût légèrement douteux de l’utilisation du terme « blind call » dans le cas qui nous occupe… Puisque la Ligue Braille a trouvé ça drôle, c’est que nous pouvons en rire aussi.

Enfin, gros regret de l’auteure de l’article (à qui je me refuse de faire du tort en lui faisant de la pub -sic!) sur la faible quantité de prix obtenus par les médias dits classiques (presse, télé, radio -ça y est, la télé est devenue un « classique »).

« Ce serait vraiment dommage (que la pub s’éloigne de ces trois médias) parce (qu’ils) restent de très beaux canaux de communication »

estime Jens Mortier, président du « Cicibi » et fondateur de l’agence Mortierbrigade -et, accessoirement, vainqueur d’au moins un prix mentionné par Le Soir, mais, c’est curieux, il ne fait pas le lien -un oubli, certainement, c’est con, il aurait pu le féliciter.

Et le même Jens de poursuivre:

« Tout l’art est de les renouveler. »

Car, oui, mauvais sujet que je suis, j’oublie d’insister sur le fait que les artistes d’aujourd’hui sont les publifères, égaux en qualité, sens, vitalité, créativité, audace, anticonformisme avec les Cézanne, Satie, Villon, Franquin (qui, reconnaissons-le, a commis quelques pubs pour arrondir ses fins de mois à Charleroi, mais il y a des hommes à qui on pardonnerait tout, ‘spas?) et autres Niemeyer (qui a fêté l’an dernier son centenaire et doit se réjouir de cette comparaison s’il me lit). Les communicants, publicitaires, designers et petites mains du marketing sont les membres d’une nouvelle grande famille d’artistes pour qui il conviendrait, c’est évident, de créer une appellation genre « 10e art » ou « 11e », peut-être, je ne sais pas trop où on en est…

Et enfin, le même créatif:

« Une chose est sûre : les annonceurs commencent à prendre très au sérieux tous les nouveaux supports de communication. »

Jens fait donc de l’info, tout à coup, et est repris par le Soir qui ne savait plus trop comment terminer son article…

Et donc, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, toi qui, avec ta connexion à 100 unités par seconde, te colle des dizaines de zolies petites images en mouvement te prenant des plombes à charger alors que tu veux juste lire tes mails tranquille (Ça t’apprendra aussi à choisir un fournisseur gratuit, tiens),
toi qui, si tu possèdes un firewall, un anti-spam, six anti-virus et une douzaine d’autres protections, te coltinera encore des messages publicitaires sur ta boite e-mail parce que, nom de dieu, c’est de l’info, la pub, et qu’on ne rigole pas avec la liberté d’être informé, surtout quand c’est du gratuit,
toi qui espérais depuis dix minutes recevoir le sms de ton/ta petit(e) chéri(e) et qui, à la place, apprends que, si, si, si tu réponds dans les huit secondes, tu peux recharger ton compte pré-payé de 78 unités sans payer la dernière tranche -mais, et ça c’est nouveau, tu vas commencer à payer ce genre de message-,
toi qui te prends pour la troisième fois ce matin la tête dans un panneau JCDecaux sponsorisant généreusement des informations locales souvent vieilles de dix ou douze ans (and more) et accessibles parfois à ceux qui savent lire à une distance d’un escalier,
toi qui aimais à regarder les paysages sur la route, toi qui aimais encore naveter un peu, parce qu’il y avait moyen de compter les vaches et les poteaux téléphoniques entre Louvain-en-Brousse et Bruxelles-sur-l’Égoût, mais qui maintenant, parce qu’on les distingue parfois mal entre les panneaux d’infos gratuites, préfères dormir ou faire le Sudoku du… tiens, du Soir, pourquoi pas,

réjouis-toi, et apprends que les annonceurs « commencent » à prendre ces nouveaux supports au sérieux, et que donc ça ne fait guère que commencer,

tout ça…

Mais heureusement, il nous reste la résistance passive.

Si, si…

Et le Soir… Journal impertinent, fun et décalé…

À défaut du Grand Soir…

Et merde…

100.000 morts par jour… jusqu’à hier

Jeudi, mai 8th, 2008

Ils appellent ça les commodities

Ça fait plus chic. Ou alors, et je crois que c’est la bonne explication, ça permet d’éviter de se prendre la tête avec la conscience au moment de poser ses ordres de vente et d’achat, à trop penser que ce sur quoi on spécule et fait du profit, c’est des matières premières agricoles, autrement dit les trucs bizarres qui sortent du sol et qui empêchent les Haïtiens, les Camerounais et les Afghans de mourir de faim… d’habitude.

Moins maintenant.

Jean Ziegler, rapporteur spécial de l’ONU pour les questions de faim dans le monde, tire depuis des années le cordon de la clochette d’alarme (y’a pas le modèle corne de brume à l’ONU) comme un frappé: ça va nous péter à la gueule, ça va nous péter à la gueule. Déjà, jusqu’à hier cent mille personnes décédaient tous les jours des suites de carence alimentaire ou de faim.
Cent mille.
Tous les jours.
Et ça, c’était hier.
(Et donc meurent 6 millions d’enfants de moins de 5 ans par an)

Aujourd’hui, sous prétexte que
1) les spéculateurs n’arrivent plus à faire du profit sur les marchés technologiques, sur l’immobilier (cf. le scandale des subprimes) et autres gadgets dont les conséquences ne sont finalement que secondaires (emploi, misère sociale, confort, pression salariale, expulsions) et qu’il y a du blé à se faire sur le froment;

2) les voitures doivent continuer à consommer leur ration journalière de carburant, mais qu’il est temps de passer à autre chose et, ô surprise, elles peuvent aussi s’enfiler des huiles de colza et du jus de maïs –ah ben oui, tant pis, c’est d’autant moins de bouffe pour Dilma, Youssouf et Mohammed, ou alors ils n’ont qu’à travailler plus pour gagner plus de fric, et puis voilà;

3) les ajustements libéraux promus par le FMI et la Banque Mondiale dans les pays en développement, si, si, c’était de bonnes choses (mais pour qui exactement? Pour le commerce qui merde de partout? Pour les États déresponsabilisés? Pour les anciennes métropoles, les propriétaires de terrains, les spéculateurs et les multinationales de vente de semence et de chimie amusante? en tout cas pas pour les agriculteurs du tiers-monde, et pas non plus pour leurs collègues du Premier Monde), même si maintenant ils s’en mordent un peu les doigts –mais juste un peu, et pas question de réclamer des renationalisations, oh, on n’est pas des communistes, quand même;

4) le dollar est si bas qu’il fait l’humilité;

5) les Chinois et les Indiens sont entrés sur le marché de la consommation internationales et que ces petits salauds, tels des Amerloques et des Britons, veulent manger de la viande trois fois par jour (enfin, on va commencer par trois fois par mois, mais ils sont tellement nombreux…), et que donc ça va diminuer d’autant les surfaces agricoles, sauf qu’en même temps ces sales bêtes, il faut bien qu’elles bouffent, donc ça va augmenter d’autant les surfaces agricoles, j’espère que vous avez suivi;

6) il faudra bien trouver d’autres raisons pour s’ingérer dans les politiques internes des pays qui prétendent ne plus être colonisés;

Pour toutes ces raisons, donc, 850 millions de personnes sont directement menacées par la faim en ce moment même.

Là.

Maintenant.

Quand vous lisez ces lignes.

Parce que spéculer sur les « commodities » est ce qu’ils ont trouvé de plus rentable, de plus sûr, en ce moment.

(Au passage, ça arrange super-bien le Brésil qui est exportateur net de ces trucs-là… C’est vous dire si on en parle, ici)

Le problème, c’est que les chiffres sont devenus tellement énormes qu’ils ne siginifient plus grand-chose dans l’esprit du francophone moyen qui a accès à internet. Surtout s’il pense aux difficultés qu’il va avoir ce mois-ci à payer sa facture de téléphone portable.

De même, on aura beau accumuler les différents émoluments, salaires, défraiements, appointements, traitements, honoraires, jetons de présence, et autres rémunérations que cumulent les élites de nos nations, aussi bien publiques que privées, quand on découvre les pointes icebergiennes de leurs frais de bouche, faux-frais, notes de frais et autres avantages plus ou moins frais, on ne peut s’empêcher de soupirer d’aise à l’idée que ce ne sera pas à nous de déclarer tout cela au fisc. Ni à eux, d’ailleurs, bien souvent…

Les chiffres devraient dire quelque chose pourtant.

Jean Ziegler ne sera bientôt plus là (on ne le lui souhaite pas, mais il ne rajeunit pas, le pauvre) pour marteler qu’un gosse meurt toutes les cinq secondes –de faim. Et que demain, ce sera toutes les quatre secondes. Ou toutes les trois…

(À écouter encore ici, sacré Jean)

L’idée cependant que la résolution à court, moyen et long terme de ce problème serait que nous consommions moins d’à peu près tout (y compris de viande et de tabac, de vin, de bière et de fromage, de sauces, de truffes et de chocolat, et même de café… Non, pas de café… Ah ben, si de café aussi, merde…) pour que d’autres puissent s’empiffrer d’une poignée de grains de riz et d’un bol de gruau d’avoine en plus d’une papaye au dessert, cette idée ne fait pas encore son chemin dans l’esprit de la toute grande majorité –de la quase-totalité des gens du Premier Monde.

L’idée que nous devrions habiter plus près de notre travail, ou que nous devrions partager notre voiture, ou même l’abandonner (et non pas la revendre pour en acheter une moins polluante) et prendre le train et le bus, le taxi en cas de nécessité, plutôt que de penser à coupler notre moteur au gaz ou au biocarburant, l’idée que nous devrions mettre un pull quand il fait seize degrés et pas monter le chauffage (une idée qui m’avait marqué dans des petits tracts dessinés par Franquin quand j’avais dix ans), que nous devrions repenser à toute cette énergie que nous faisons voyager sur des milliers de kilomètres, plutôt que de transformer nos usines au charbon en usines au tourteau, ces idées-là non plus ne font pas encore beaucoup de petits dans nos têtes. Pourtant elles commencent à prendre de l’âge, ces idées.

Lorsque le Brésil est critiqué pour vouloir se faire un peu de beurre sur les bagnoles à l’éthanol (ici à la canne à sucre), on oublie un peu vite que, d’une part, c’est nous qui consommons l’énergie qu’ils vont produire, d’autre part, ce que fait le Brésil (déboiser, pâturiser, chimiser, rendementiser, irriguer, désertifier, exil-ruraliser, bidonvilliser, etc.), l’Europe et les USA l’ont déjà fait au cours des trois derniers siècles et qu’on devrait commencer à reboiser avant de les montrer du doigt, qu’enfin le plus gros brûleur de nourriture (du maïs), c’est déjà, c’est encore les USA…

De même que l’on craint l’arrivée sur le marché de deux milliards et quelque d’Indiens et de Chinois qui voudraient se gaver de filet mignon, de bordeau rouge et de Roquefort Société, mais ils sont encore très loin, en chiffres absolus comme en chiffres relatifs, de titiller les statistiques des héritiers dorés de l’ère de l’industrialisation. Je veux dire: nous…

Et youpie! Vive Adam Smith, vive von Mieses, vive Friedman!

Et puis vive Ricardo, un peu plus pessimiste, quand même

it’s christmas in heaven…

Samedi, mai 3rd, 2008

Un jour,

Toutes les économies de tous les pays seront formidables.

Toutes les dettes seront remboursées ou stabilisées.

Le commerce sera vraiment libre et équitable.

La concurrence sera loyale, les prix conformes à la loi de l’offre et de la demande et la satisfaction de chacun rencontrée.

Chaque région du monde cultivera ses propres compétences et l’excellence de sa population.

Les entreprises pourront se développer harmonieusement et les travailleurs choisir leur emploi.

Les subventions et les taxes douanières auront disparu.

Le commerce aura apporté la paix dans tous les pays et toutes les balances commerciales seront positives.

Et même, les entrepreneurs, les actionnaires, les patrons associeront le souci de la rentabilité à celui des conditions de travail des employés et de l’impact environnemental de leur production.

Le rêve d’Adam Smith.

On échangera du vin du Portugal contre des draperies d’Angleterre, quoi…

Youpie…

Vous n’avez pas un peu l’impression qu’on se fout de votre gueule?

(Nota: Imaginez un instant, déjà, que toutes les balances commerciales soient positives, et revenez me voir après…)

Georges Jacobs, baron -vu par l’Écho

Mardi, avril 29th, 2008

Le meilleur journal de Belgique (francophone), et c’est peu dire. L’Écho ne mérite ce titre que parce que les autres sont pires, voilà tout.

Je m’amusais, ce 23 avril, à regarder le petit reportage consacré à Georges Jacobs, jeune retraité de la charge de Président du CA d’UCB, sans doute réalisé par un gembloutois tout frais sorti d’un quelconque double cocon universitaire et familial et récemment promu sur le site en ligne du journal.
Vous le trouverez ici:
http://lecho.be/echotv/?id=FzB41e_P_6E

On commencera par les qualités:
-sobriété dans la présentation: l’Écho peut se permettre de ne pas faire dans le pétaradant imbécile, ses lecteurs ne sont pas là pour les paillettes de Naguy.
-c’est tout…

C’est tout parce que le reste est nul. La diction du journaliste est pauvre, son texte minable, l’introduction de son sujet ridicule, le baron inintéressant:

1) « Président du conseil d’administration de Delhaize, (Jacobs) entend rebondir dans le monde des PME. »

Je veux bien que tous les journalistes ne sont pas Proust, mais il y a des limites à la construction bancale de phrase. Commencer par un apposé au sujet en évoquant la présidence du CA de Delhaize pour balancer l’intérêt du gars pour les PME, il y a de quoi lever les sourcils. Répétez-vous la phrase tout haut, si vous n’êtes pas convaincus.

2) « L’occasion de revenir avec lui sur les moments difficiles que traverse UCB. »

Suit un peu plus loin le discours de Jacobs, ex-Président du CA, qui commence par un lapidaire:
« D’abord je voudrais vous dire que, heu, il y a un si haut (sic) responsable de l’entreprise (Jacobs parle probablement du pauvre Roch Doliveux) et je préfère que… J’ai d’ailleurs le respect des… des… des choses, c’est que c’est à lui de répondre à ce genre de questions. »

Donc en gros: je ne dirai rien…

« Néanmoins (parce qu’on a son petit orgueil, tout de même, ndé), comme la réponse pour moi est tellement évidente, je vous la donne. Il n’y a rien pour moi de fondamental qui ait changé à UCB. Nous avons aujourd’hui certains problèmes qui se sont traduits par le recul du cours de l’action; c’est des problèmes d’agenda, de timing (…) Je fais pleinement confiance (…) (au) management (d’UCB). »

Il aurait gagné en efficacité en se contentant de dire: « Je laisse une entreprise dans la merde, le coeur en paix et le portefeuille intact. »

3) « C’est toujours des mixed-feelings (sic et avec l’accent de chez nous) quand on quitte une situation (comme la mienne). »

Il est beau, le rhéteur, quand même. Ce n’est d’ailleurs pas facile de reproduire ses citations, parce qu’il commence beaucoup de phrases sans les finir…

Genre:

« Mais il est clair que, un, j’ai la satisfaction d’un travail accompli… »

Jacobs connaît ses poncifs…

« …Qu’il est temps à un moment de céder le flambeau à tous les niveaux à d’autres. »
L’impatience gagnait les p’tits jeunes, sans doute…

Accessoirement, et donc, on attendra le « deux » longtemps…

4) Ensuite, le camarade Jacobs évoque ses autres occupations: autres mandats, occupations familiales et hobby, au point qu’on se demande s’il dormait parfois, vu qu’on imagine mal le bonhomme farouchement attaché à ses 35 heures…

5) « J’ai plusieurs projets. D’abord, peut-être avoir un agenda un peu plus flexible… »

(gn?)

Ah.

Voyons ce que c’est qu’un agenda flexible dans l’esprit de Monsieur le Patron…

« …pour me réserver un peu plus à des choses (…) de type familial ou personnel -j’ai un grand hobby pour la nature et les bois qui… »

Que peut-on bien faire dans les bois quand on est baron, à part courir la gueuze?

« un agenda un peu plus flexible sera le bienvenu… »

Je crois qu’il va falloir songer à requalifier la flexibilité dans le travail…

La flexibilité, était-on stupide, ça veut dire qu’on aura plus de temps pour aller chasser avec Monsieur le Baron…

Comme c’était intéressant.

Dis donc…

6) Le reste fait déjà plus peur: Jacobs se propose de faire profiter de son expérience à de petites sociétés qui auraient besoin des « conseils d’un dinosaure ».

En tout cas, bonne retraite, Monsieur le Baron.

Et bien le bonjour à vot’ dam’, eh-m’sieur l’baron…

Ah, si les USA étaient toujours aussi lents!

Lundi, avril 21st, 2008

D’après ces deux articles (l’un étant la source de l’autre, qui est en français), les USA s’apprêtent à ôter l’ANC de la liste des organisations terroristes. Ce qui permettra à Nelson Mandela, ancien président d’Afrique du Sud et aujourd’hui vénérable vieillard considéré comme sage parmi les sages, de ne plus devoir demander un visa spécial pour entrer sur le territoire du pays « où Dieu habite ».

L’Appartheid ayant pris fin en 1994, les USA étaient les derniers hurluberlus à considérer que le combat de l’ANC avait été -était -est encore injuste… À part probablement les attardés qui regrettent le bon temps de la dictature afrikaans…

Apparemment, les USA viennent aussi de se rendre compte que l’ANC est le principal parti au gouvernement encore aujourd’hui en Afrique du Sud… Mais que faisait l’ambassade depuis 14 ans? elle prenait les empreintes des membres du gouvernement qu’elle visitait?

Et pourquoi est-ce toujours dans ce sens que les USA sont lents?


Pourquoi je vous entends sourire?

(J’aime beaucoup cette phrase du membre du Congrès à l’origine du changement de politique amerloque à l’égard de l’ANC: “Basic principles of fairness and opportunity for Members of the African National Congress have been wrongly denied for some time. » -Allons donc: pas d’excès d’auto-critique, je vous prie.)

La liberté se chipe

Mardi, avril 8th, 2008

En suite de ceci et de ceci, chez Un Homme.

Pendant des milliers (et des milliers) d’années, au sein des sociétés patriarcales, le savoir, les informations essentielles à la vie de tous et de chacun étaient jalousement détenues par une caste de personnages qui justifiaient leur position privilégiée sur base du caractère sacré, divin, dangereux et complexe de ces données pour le commun des mortels (les profanes) afin d’interdire l’accès au calendrier, aux livres, aux dits des dieux, aux oracles et autres calembredaines…

Ça a fonctionné jusqu’à ce que les scientifiques se mettent à glisser leurs nez un peu trop partout et à contredire des trucs essentiels pour la dernière et la plus efficace des ceintures (de chasteté) patriarcales: le monothéisme.

Avec les scientifiques se sont développés (au sein même de la société patriarcale qui ne parvenait donc pas à évacuer le ver dans le fruit, et ce malgré une répression impressionnante) des universités, des écoles (si, si), des bibliothèques laïques, des Montaigne et La Boétie, des Galilée et Giordano Bruno, des Lumières et autres empêcheurs de monarchidiviniser en paix.

Aujourd’hui, la théologie a été remplacée par la technologie.

(‘fin, pas entièrement, il reste de ces théologiens qui s’acoquinent avec les techniciens de la sécurité et du fichage avec un grand bonheur… Malheureusement, beaucoup de mecs en blouses blanches se sont ralliés aux théologiens du passé. Mais je n’ai pas envie de les appeler scientifiques. Allez savoir pourquoi.)

Pour voter, vous déplacer, payer vos courses ou vous faire contrôler par les flics, vous n’avez plus la moindre maîtrise sur ce que l’on sait de vous…

Maintenant, si vous trouvez ça pratique, rassurant, confortable, c’est que vous êtes de ceux à qui on a suffisamment répété: « la liberté, c’est l’esclavage. L’esclavage, c’est la liberté. »

« oui mais eh c’est la démocratie ici! »

Me direz-vous.

Le traité de Lisbonne qui remplace le traité constitutionnel, c’est la démocratie.

En Floride, en 2000, c’était la démocratie aussi.

Au Chili, en 1973, aussi…

La même démocratie qui est allée s’installer en Afghanistan et en Irak.

La démocratie qui pactise avec des régimes douteux sous prétexte que.

Oui, oui, c’est la démocratie… Creusez un peu, soulevez votre casquette « Niqué » de vos fronts satisfaits et demandez-vous à quel prix vos démocraties sont restées en paix pendant soixante ans…

Et quel prix êtes-vous prêts à payer, comme on dit, pour la liberté (d’entreprise)?

Surtout si on vous propose de le faire payer par d’autres…

éducation permanente -la question de l’auto-discipline

Mercredi, avril 2nd, 2008

(Je fais écho à une question qui a été soulevée dans un post précédent concernant l’éducation, l’école et toute cette sorte de choses… Ju, note que je te réponds directement et partiellement à la suite de ce post.)

Je ne peux pas m’en empêcher évidemment. Je vois mon fils grandir (déjà), et il observe le jour qui devient nuit, la nuit qui devient jour (ce petit galopin empêche donc, vous l’aurez compris, ses parents de profiter du lever de soleil dans leur lit). Il écoute, il regarde, il touche, il prend, il engloutit -tout…

Bref, il s’éduque.

Avec une patience, un sérieux, une application, certes, encore tous relatifs, mais il s’y met. Tout seul. Volontairement. Je ne dois pas lui dire.

À la limite je suis plus une gêne qu’autre chose, puisque je lui interdis déjà de mettre en bouche mes chaussures, la télécommande, le morceau de pain tombé par terre dans la cuisine, les barreaux sales d’une grille de garage, et plein d’autres choses…

Quel fasciste je fais…

Doit-il se dire…

Dans son vocabulaire…

Encore un peu limité.

En tout cas, une chose est sûre, Un Homme, et cela j’en suis persuadé, l’animal homme est programmé pour être curieux. À l’instar du chat ou du chien, mais dans des dimensions et avec des objectifs différents.

Quand je dis programmé, cela dit, je limite aussitôt ma comparaison pour empêcher à quiconque le droit de me faire penser qu’il y a un programmateur.

Non, non.

Le programme est là, point.

Mais pour en revenir à mon petit Giuliano, Un Homme, tu me posais la question, oui, je crois que l’auto-discipline est une dimension qui est propre à l’humain.

Elle est souvent distraite par les stimuli extérieurs, ou en tout cas nous en avons l’impression.

L’application de l’être humain, sa discipline personnelle, se forge en fonction de ses intérêts. Si ceux-ci se focalisent sur les jeux du cirque ou la Star’Ac, c’est comme ça, c’est probablement la faute à une certaine aise ou à un certain vide… Quand je regarde une émission de télévision du genre Delarue ou Marc-Olivier Fogiel (ce qui m’est épargné ici), je me dis qu’il y a une réelle attention qui existe, qui focalise l’esprit sur des choses, certes vaines, mais préoccupant l’esprit humain.

Malheureusement, quelque part.

Mais à l’origine, ils (les intérêts) sont dirigés vers ce qui est nouveau et potentiellement utile à la survie de leur titulaire. Puis vers ce qui est utile à son bien-être. Puis ce qui peut servir sa liberté et son épanouissement. Ce qui lui permet en fin de compte de se poser la question de la priorité, de la hiérarchie de tous ces éléments (bien-être, survie, liberté, épanouissement). Et de poser ensuite des questions aussi évidentes que « je travaille ou je glande, aujourd’hui? »

Le bébé, puis l’enfant, puis l’adulte, à qui ne sont pas imposés les publicités, la messe, le ramadan et les débats politiques, auront la curiosité de chercher comment, pourquoi et qui, et quand, et où, « ça fonctionne », « ça existe », « ça évolue », « ça vit », « ça meurt »…

C’est une curiosité qui est parfois plus forte que le souci de se reproduire, de bouffer, d’acheter des bons d’état ou de regarder Thalassa.

J’en suis intimement convaincu. Je pense le savoir. Donc je me dis « je le sais ». Mais je n’ai pas la prétention de vous l’affirmer de manière aussi péremptoire.

Évidemment, ce serait bien que je mette des références à tout ça, parce que, brut, ça ressemble plus à un article de foi qu’à une production scientifique. Comme dirait Julien, on dirait une brève de comptoir. Promis, juré, dès que j’écris le bouquin qui va révolutionner la société sans que les cocos se sentent obligés de mettre les anars devant un peloton, je vous fournis les références qui m’ont aidé à penser tout ça.

C’est un de mes grands regrets, d’ici, je manque un peu de matériel, genre bibliothèque (en langue de Cantona), pour soutenir mes assertions.

Je suppose donc que ce n’est pas encore ce post qui vous convaincra (j’en ai de moins en moins la prétention si je l’avais jamais eue). Donc on se demandera facilement pourquoi je les poursuis. Et on fera bien de se poser la question. J’y suis pourtant toujours motivé.

Règles de grammaire sur les doigts

Lundi, mars 24th, 2008

Je viens de lire un article sur l’enseignement ici, à l’invitation d’un homme.

Il ravive en moi l’idée que nous circonscrivons encore toujours trop le problème de l’éducation à l’école.

Outre que le combat devient, avec le temps, une espèce de machin d’arrière-garde, une défaite annoncée, étant donné que ni l’État -désinvestisseur-, ni les médias -embrigadés-, ni le reste des décideurs -productivistes- n’ont pour vocation de changer le cours de la spirale désastreuse, notre petit havre, notre petit temple, notre petit sanctuaire apparaît de plus en plus inadapté à la course imposée par le reste du monde auquel les gamins (le public) sont exposés au moins seize heures par jour sans compter le week-end et les vacances.

Heureusement, d’ailleurs.

Pauvres gamins… S’ils devaient compter sur l’école pour…

Bon, mais c’est pas la faute de l’école, c’est celle de…

Cercle vicieux…

Entre la fermeture pure et simple du rêve de Condorcet et l’internat pour tous avec uniforme sombre et asexué jusqu’au service militaire, il doit bien y avoir une solution, me crient certains ex-collègues (puisque prof je ne le suis plus autant que je le voudrais).

Oh ben sûrement…

En attendant, nous en sommes à la cinquième génération sacrifiée depuis l’enterrement du rénové… Les écoles Decroly sont réservées à une élite qui n’a que faire de l’égalité de la transmission du savoir… Alexander S. Neill reste confidentiel… Ne parlons même pas de l’accès aux études supérieures qui, si on peut appeler ça un progrès, franchissent avec peine des pourcentages à deux chiffres de la population -mais en quantité, pas en terme de qualité…

C’est quand le mur?

On en traverse tous les jours. Chacun de mes collègues un peu consciencieux le sait. Chaque fois que les redoublements sont appelés « échecs », que les enfants compliqués écoppent d’un « renvoi », que les règlements d’ordre intérieur s’affinent d’un article supplémentaire, chaque fois que l’enseignement est sacrifié sur l’autel de la discipline, c’est la transmission du savoir qui se prend un pain dans la gueule

Et ne venez pas avec des arguments du genre « C’était mieux avant ». Je me souviens avoir lu la correspondance d’un père jésuite au début du XXe siècle: il disait les mêmes mièvreries… Et il les répétait encore dans les années 30… À croire que chaque génération s’abêtit. Et si on suit ce raisonnement, on devrait être de parfaits imbéciles aujourd’hui. Quand on lit Fallet (1948) ou Gide et Cesbron (1930 et quelque), et même Alain-Fournier (1910), on s’aperçoit que les tempéraments espiègles des enfants n’ont guère changé. Et que leur volonté d’apprendre le latin a peu évolué…

Nos enfants ne savent plus la grammaire à dix-huit ans… Ben tiens…
Ils préfèrent surfer sur les sites de chats que sur wikipedia… la belle affaire…
Ils ne rendent plus un seul devoir qui ne soit un coupé-collé… ciel!
Ils ne traduisent plus, ne calculent plus… Ah ben oui…

Mais où serait leur motivation à faire tout ça?

Tiens, vous qui avez réussi et qui savez alligner (avec deux l, hein?) plus de deux phrases sans faire de faute d’orthographe ou de grammaire (alors que moi, j’hésite de plus en plus bien que je me prétende écrivain et prof de français), racontez-moi un peu ce qui vous a permis de sortir de votre léthargie d’adolescent lubrique et de vous motiver à franchir les 60 pour-cent nécessaires à l’obtention d’un diplôme dont la valeur n’attendait pas le nombre des années… Je m’égare…

Sérieusement, racontez-moi un peu… Un petit peu d’introspection ne nous fera pas de tort. Je paierai de ma personne après la cinquième contribution…

Pour rappel: ici, vous trouverez les précédents chapitres de cette discussion…

Une démocratie à l’épreuve des balles

Lundi, mars 10th, 2008

La Colombie, sincère alliée des USA (la plus grande démocratie du monde), est également une république heureuse et prospère, dont la population ne peut s’empêcher d’élire que des libéraux et des conservateurs depuis des décennies. Il doit bien y avoir une raison pour ça… En tout cas, le magazine brésilien Veja y croit dur comme fer.

Il faut dire que les communistes, soit ont été massacrés peu après l’assassinat du libéral modéré (ou populiste selon les sources) Jorge Gaytan, soit se sont constitués en groupes armés qui, selon les dires du président, ne font rien qu’à être des terroristes plein de drogues.
Il faut dire aussi que les dernières élections colombiennes, avec 56 pour-cent d’abstention, n’ont pas été tout à fait clean, niveau fraude. Il faut dire enfin qu’Uribe est le premier président colombien depuis Bolivar à avoir trouvé le moyen de se faire réélire. Comment? en changeant la constitution deux ans avant… Tiens, tiens? Ça ne vous rappelle rien?

Difficile de ne pas reconnaître à Uribe le droit d’intervenir dans un pays laxiste comme l’Équateur pour éliminer de dangereux combattants (surpris en plein sommeil) qui s’y sont réfugiés, les lâches, comme si on jouait à touche-touche-plus-haut…

Le hic, c’est que Raul Reyes, désormais feu, était en pleine négociation pour libérer des otages. Ça la foutrait mal si Uribe n’avait pas trouvé sur le corps dudit un ordinateur portable plein d’informations super-géniales. La première desquelles, répercutées par tous les bons journaux des bonnes librairies, étant que l’infââââme Chávez aurait fourni 300 millions de dollars aux Farc pour les aider à répandre la terreur (dixit Uribe, et notamment reproduite par le très peu déontologique Veja, magazine à l’usage des imbéciles brésiliens -je vois pas d’autres qualificatifs).
Or, que lit-on sur ce fameux lap-top? Un échange de mails entre membres des Farc inclut en effet l’horrible mention suivante, à la date du 23 décembre dernier:

Con relación a 300, que en adelante llamaremos ossierya hay gestiones adelantadas por instrucciones del jefe del cojo, las cuales comentaré en nota aparte. Al jefe lo llamaremos Ángel, y al cojo Ernesto.

Ce qui se traduit par (j’ose espérer que les plus hispanophones d’entre vous me corrigeront si je me suis fourvoyé):
« En relation aux 300, que nous appellerons désormais « dossier », des efforts se poursuivent selon les instructions du chef du cojo, dont je parlerai dans une note suivante. Appelons le chef Angel et le cojo Ernesto. »

Voilà, voilà… les 300 millions de Chavez (qui prend ici le nom de code « Angel », mais, dans le reste du mail -et notamment à la ligne suivante-, est appelé… Chávez)…

300 millions de dollars… Alors que le dollar est si bas… Est-ce bien raisonnable?

La suite du mail évoque très clairement la libération d’otages. Le journaliste d’investigation Greg Palast (qui nous fournit le texte du mail) suppose que les 300 se réfèrent à la mention de 300 prisonniers à échanger… Il n’en est pas sûr, mais l’hypothèse a déjà l’air plus vraisemblable que d’envisager 300 millions (pourquoi millions et pas milliards?) de dollars (pourquoi dollars et pas euros?).

Quelques sources un peu alternatives à propos d’Uribe:
http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=578 qu’on peut difficilement taxer de gauchisme: il est sénateur socialiste en France.
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article5870 déjà plus radicaux…
http://risal.collectifs.net/spip.php?article1866 de vrais chavistes, ceux-là…

La fièvre jaune

Lundi, mars 10th, 2008

Les USA s’inquiètent… Le Japon itou…

La Chine vient d’augmenter son budget militaire pour le faire cumuler à 39 milliards d’euros

Ciel…

Il y a quelques jours à peine, le budget américain de la défense a été augmenté à 515 milliards de dollars, frais d’Irak et d’Afghanistan non compris…

Imaginons même que comme le craignent les USA la Chine ait un budget militaire caché et qu’il atteigne selon leurs estimations le chiffre de 139 milliards de dollars, il est encore quatre fois moins élevé que celui de la « plus grande démocratie du monde », qui ne cesse de hurler aux incitations à la guerre de toute part (et notamment sur le continent sud-américain)…

Même si je ne me réjouirai jamais de l’augmentation d’un budget militaire, qu’il soit chinois ou monégasque, je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel en apprenant l’indignation amerloque… Manque de transparence… Inquiétude… Ils plaisantent? Doit-on rappeler que la Chine représente un milliard 330 millions de personnes, alors que les USA n’abritent (littéralement) que 300 millions d’âmes (pieuses et une poignée de résistants athées)?

On refait les calculs? selon les chiffres amerloques (donc pas officiels des Chinois), les Chinois dépensent à peine plus de cent dollars par habitant dans le domaine militaire.
Les Amerloques en dépensent 1716 par habitants…
Qui est réellement à craindre?

Heureusement que dans les films américains, ce sont toujours les gentils qui gagnent… On peut continuer à rêver…